
L'auteur original de cet article est Carth pour Studio-Matkilsa.
Un projet vieux de 2 ans voit enfin le jour. Ubisoft, très en vogue depuis un certain temps compte rivaliser avec les meilleures productions d’aventure de tous les temps. Pour cela il compte sur BGE, savant mélange de tous les genres à l’ambiance féerique prometteuse. Prenez votre Pad et commencez à rêver.
Vieux plans dans le coin.
L’histoire de BGE est on ne peut plus simple bien que très riche en mystères. Elle se déroule dans un univers fantastique, appelé Hillys, vaste contrée peuplée d’hommes et d’animaux. Vous êtes un jeune reporter du nom de Jade et vous serez contactée par un humain énigmatique qui vous proposera de bosser pour lui. Ignorant tout de lui vous décidez quand même de le suivre et de remplir une mission. Plus tard vous comprendrez que cet homme fait en fait partit d’un groupe de résistants appelé IRIS, tentant de résoudre pas mal de mystères sur l’origine et les plans des sections Alpha, la police locale quoi. Vous serez donc amenée à aller voir ce qui se passe là bas, à l’aide de votre appareil photo et de montrer le vrai visage des sections Alpha, qui ne font pas l’unanimité auprès des habitants. Un voyage plein de péripéties et de rebondissements vous attend.

Un brin Raymanesque.
La réalisation, souvent superbe chez les gars d’Ubi, est une fois de plus merveilleuse. Le graphisme et design est soigné, parfois tordu à l’extrême notamment sur tout ce qui touche aux décors. On apercevra tantôt une vaste étendue d’eau, une ville animée et incroyablement belle, des abattoirs peu fameux, un garage Jamaïcain très « cool man », des grottes en tout genre, etc. Une petite baffe, accentuée par un cycle jour/nuit des plus sympa bien qu’un peu speed, et d’un mode 16/9ème d’une netteté sans précédent. Un petit bémol à glisser, ce mode est imposé et peut provoquer un affichage instable, voir perfectible sur les télévisions 4/3, avec une barre noir à chaque extrémité du téléviseur. Vous obtiendrez un affichage étriqué pour peu que votre poste soit petit. Ce n’est pas vraiment un défaut, mais ça pourra en gêner plus d’un. L’apport du 16/9ème prouve la grande personnalité du jeu, difficilement classable dans un genre précis. Notons toutefois une touche très Raymanesque (Ndr : je la trouve chouette cette expression) dans l’ensemble. On pourrait même s’y croire par moment, normal vu que c’est son créateur qui a bossé dessus. BGE prouve donc que l’on peut encore émerveiller le gamer, dans tous les sens du terme. Car oui, même si BGE propose un graphisme de toute beauté, son univers féerique, attachant et parfois drôle vous en fera voir de toutes les couleurs.

Un gameplay inclassable.
BGE a la puissance de proposer un univers aux multiples possibilités. L’histoire, assez recherchée dans l’ensemble témoigne d’une grande richesse. En effet tout au long de votre formidable aventure, il sera possible de faire des petits boulots par ci par ci, remplir deux trois objectifs à côté de ça, ou bien faire preuve de vos talents de journaliste en prenant des photos. BGE vous proposera de photographier toute la faune animale par exemple, afin de récolter d’un côté des sous, des bons sous pour pouvoir vivre, et de l’autre des perles. La perle est une monnaie illégale qui permettra de vous acheter des équipements puissants et rares chez les types du garage Mamago (très « yo salut madame la reporter » !) pour avancer dans le jeu. A chaque pellicule remplie, vous serez récompensé de ce bijou. Néanmoins, en fouillant la ville, les quartiers Alpha, les entrepôts, les grottes, il sera tout aussi facile d’en trouver. Un truc sympa quoi, certes vraiment classique et un brin emprunté, mais qui a le mérite de varier l’aventure et de forcer le joueur à progresser. De toute manière on s’en fout, c’est un jeu génial, point.
Un style bien personnel.
Avec son format 16/9ème, la vue est restreinte. C’est d’autant plus gênant au tout début car on a pas vraiment l’habitude d’un tel affichage (très important pourtant !) avec ces si jolies bandes noires. Les angles de caméra ne sont pas là pour arranger le tout, en effet parfois approximatifs, ils pourront poser quelques problèmes. De gros même à certains moments. Cependant, rien de grave, les problèmes subsistent qu’à de très rares moments, surtout lors des phases d’infiltration.
Mais tout n’est pas noir rassurez vous, hein ! La jouabilité est très souple et bien étudiée. Les phases d’Hovercraft et autre mini-jeu apportent une grande fraîcheur. Jade possède quelques attaques d’une violence inouïe, et des combos destructeurs. Dans votre aventure, vous serez majoritairement aidé par tonton Pey’j, et le soldat Double H (ce type là doit avoir un QI de 67). Les phases en « coopération » sont simples et efficaces à défaut d’être vraiment originales (c’est souvent une action d’appuyer sur un interrupteur alors que vous ne pouvez le faire par vos propres moyens) mais ponctuées de dialogues supra délirants (Pey’j et son « poussez vous m’ssieurs dames » ou Double H avec un très futé « bah y’a pas d’jus m’oiselle Jade »). Le travail fournit sur la complicité des personnages est juste grandiose et oh combien immersif! Que dire aussi de la qualité des musiques, excellentes en principe, et de la localisation française qui ne commet absolument aucune faute ? Rien, car il n’y a absolument rien à dire !
Bref BGE marie tous les genres possibles (sauf FPS, et…billard) et reste très agréable à jouer. Mini-jeux en tout genre (dont un particulièrement réussi, je n’en dit pas plus) et phases d’Hovercraft très rythmées, il ne manque plus pour accompagner le tout qu’un doublage hilarant et de belles mélodies. Excellent point !
BGE est donc un excellent soft, riche, immersif, simple et frais, totalement surprenant esthétiquement, et doté d’un intérêt constant, il vous fera vivre un grand moment !

Note globale : 9/10
Pour : Un univers attachant et vivant – le bon goût de l’esthétisme – les doublages !
Contre : Caméras hasardeuses – affichage parfois approximatif sur TV 4/3 – c’est court
-Technique : 16/20
Pas de gros effets qui tuent mais le moteur tient la route. C’est l’essentiel.
-Esthétique : 19/20
Une palette graphique de toute beauté et des décors charmants, la classe !
-Maniabilité : 15/20
Les caméras posent problème et restent tout de même peu maniable. Jade est parfaite.
-Endurance : 13/20
Un jeu relativement cour mais l’aventure proposée mérite que l’on prenne son temps.
-Sons : 19/20
Une B.O incroyable que ce soit musicalement ou vocalement. Bruitages dans le ton.
Avis de la rédac’
Carth. Avis : Oui !
BGE est un jeu visiblement classique dans son déroulement et dans son système de jeu, un brin emprunté sur un Zelda (quoique, il y a pire comme défaut non ?), mais il n’en demeure pas moins une aventure d’une richesse et d’une fraîcheur dépaysante. Stoppons un peu la déferlante de FPS et de jeux bourrins pour s’attarder sur des titres fleurant la poésie. Comme un conte, il comporte son lot de pièges et de mystères, mais aussi de rire et de sourire. Le doublage est travaillé, et juste terrible. La qualité du jeu aurait prit un sacré coup si le doublage ne s’était pas avéré à la hauteur. Il y a beaucoup de chose à dire sur BGE mais pour ne pas tout dévoiler, sachez que c’est un grand jeu, mais comme beaucoup, trop court. On passera outre certaines caméras hésitantes. Une aventure riche et passionnante et un scénario de premier choix font donc de BGE un incontournable.
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| Matkilsa |
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